Voilà presque trois semaines que mon Amoureux et moi avons échangé nos rôles dans l’organisation de la vie quotidienne.

L’heure du premier bilan à sonner ! Tu peux retrouver le premier article de cette série, ainsi que tous les autres articles qui seront publiés sur le lien : Charge mentale, on échange les rôles.

Notre volonté commune de départ

Pour commencer ce bilan, je souhaite préciser que mon Amoureux, il est top. Parce que oui, il a accepté ce défi, et que au vu de vos commentaires, ce n’est pas tous les Amoureux qui seraient prêts à le faire. Il accepte toujours de se remettre en cause, de se questionner. Il a vraiment envie de trouver des solutions qui nous conviennent à tous. Dit comme ça, ça peut paraître évident de chercher une solution qui convienne à tout le monde. Je crois que ce n’est pourtant pas le cas chez tout le monde et j’ai beaucoup de gratitude de vivre avec lui ♥

Tout ça pour dire que les résultats de cette expérience seront énormément influencées par cette volonté que nous avons tous les deux que les choses changent. Par notre envie commune de trouver une solution qui nous convienne à tous les deux, comme nous avons pu le faire par le passé plusieurs fois. Et par notre capacité à nous remettre en question.

Nous avons aussi pris la décision de faire une transition en douceur. De mon côté, je termine de gérer les diverses invitations que j’avais pris en charge avant cet échange, et mon Amoureux s’est engagé à rattraper le retard de ménage qu’il avait avant que cela devienne pleinement ma charge. Ainsi, on part chacun sur de bonnes bases, et on n’a pas à gérer des choses commencées mais pas terminées, ce qui peut-être très frustrant, notamment si on ne s’organise pas de la même manière.

Voici pour mémoire la façon dont nous avons maintenant réparti les rôles, après cet échange :

De mon côté, je m’occupe des choses routières exclusivement :

  • de la vaisselle (à la main ou je fais réparer le lave-vaisselle, à voir)
  • du ménage courant
  • des courses au marché de producteur

De son côté, mon Amoureux s’occupe :

  • des lessives
  • des repas
  • des courses au magasin bio
  • de ces fameuses “choses à penser”, autrement dit, la charge mentale.

Notre nouveau quotidien

Soyons honnêtes deux minutes : j’avais vraiment peur de courir à la méga-cata ! Pour l’instant, ça va, on a mangé tous les jours, on a eu quelques cafouillage pour les vêtements notamment mais rien de dramatique, on a jeté un peu de nourriture, mais hé, moi non plus je n’étais pas parfaite là dessus. Sur la gestion quotidienne, tout va bien donc. J’ai un peu l’impression d’avoir été un shadock du coup : je pompais, juste au cas où. Comme je me le demande depuis le début de cette aventure, est-ce que je ne m’en imposais pas trop ? Est-ce que je ne cherchais pas à ce que tout soit parfait ?

Il y a cependant plein de petites choses hors quotidien qui ne sont pas faites, et qui me génèrent à force beaucoup de frustration : changer l’ampoule qui a grillé dans la cuisine ou dans la salle de bain – c’est pénible à force de ne pas bien y voir, sortir les vêtements d’hiver de Petit Lutin, ou du moins, sa veste un peu chaude – on empile les gilets le matin, écouter les messages sur le téléphone fixe… Je suis toujours à me demander : est-ce que je dois attendre qu’il y pense seul, au risque que je m’énerve tout d’un coup car j’en aurais vraiment marre de la situation ? Est-ce que dans ce cas, je dois demander ? Dans ce cas, y pensera t’il un jour seul, ce qui est le but de l’opération !? Pour certaines choses, comme les affaires d’hiver de Petit Lutin, dans la mesure où ce n’est pas lui qui le conduit le matin et qu’il n’a jamais eu à y penser, je peux comprendre qu’il oublie. Mais les ampoules grillées, il a les moyens de voir le problème aussi bien que moi ! J’ai choisi d’opter pour la solution de parler, discuter, afin d’éviter d’accumuler de l’agacement qui pourrait se transformer en rancœur. J’ai repris une astuce de Oops publiée en commentaire sur le billet précédent de cette série, et je mets maintenant de petits mots sur l’écran d’ordinateur de mon Amoureux.

Je crois aussi qu’il y a plein de choses que je continue à faire par réflexe, sans même m’en rendre compte. Comme aller retirer l’argent pour payer la prof de piano de Petit Lutin ou prévoir de faire les valises pour les vacances. Non, ce n’est plus à moi d’y penser. Pourtant, c’est toujours moi qui l’ai fait jusqu’ici, et je m’en rends compte seulement en rédigeant cet article ! Alors, j‘en fais part à mon Amoureux dès que je m’en rends compte.

Lâcher prise, le vrai défi

Le vrai défi est donc bel et bien de lâcher prise. Je continue à penser aux milles choses à faire, même si au bout de presque 3 semaines maintenant, ça commence à se calmer dans ma tête. Je me sens moins stressée. Rien que le fait d’avoir été entendue, que mon stress ait été reconnu m’a beaucoup aidé.

Il y a certaines choses pour lesquelles je ne suis pas d’accord pour lâcher prise. Par exemple, lorsque mon Amoureux oublie de préparer le livre que Petit Lutin doit rendre à la bibliothèque de l’école. Petit Lutin est trop petit encore pour gérer ce genre de choses, et si mon Amoureux oublie, je refuse de laisser Petit Lutin risquer d’être embêter à cause de ça. Alors, je prépare quand même le livre et je le mentionne à mon Amoureux, en essayant d’être bienveillante.

Pour d’autres choses, j’ai des réflexes, et je me retrouve à avoir fait quelque chose avant de le réaliser. J’ai par exemple mis à la machine le tapis que nous utilisons pour poser notre corde d’escalade. Ce n’était pas à moi d’y penser. Mais il était propre et étendu avant que je le réalise… J’ai donc encore du chemin à parcourir pour vraiment lâcher prise, et laisser couler ce qui n’est ni urgent ni si important. J’avais aussi décidé, avant le début de cette aventure, de réaliser un grand tri de notre appartement en deux mois. Nous avons donc décidé de le faire ensemble, puisque pour le mener à bien, il faut une bonne dose d’organisation !

Il y a aussi le lâcher prise sur la façon dont les choses sont faites. Mon Amoureux ne fait pas pareil que moi. Pour les repas, il concocte des plats plus simples et rapides à faire. Par exemple, il achète les falafels tous prêts alors que je les faisais moi-même. Je crois que pour que cette expérience ai une véritable conclusion, je me dois de le laisser faire comme il l’entend. Même si je trouve ça nul qu’il y ait plus de déchets à recycler.

L’avis de mon Amoureux

«Je ne pense pas avoir encore pris la pleine mesure des différentes choses à avoir en tête, car je bénéficie pour le moment de ce qui a été organisé avant que la charge me revienne. Néanmoins, j’ai le sentiment que si l’échange des rôles me libère du temps, que je passais avant à faire la vaisselle ou le ménage, il mobilise plus mes pensées qui du coup vagabondent moins vers d’autres sujets. Je ne réussis pas encore à penser à tout : c’est nécessairement un lent apprentissage de responsabilités que je n’ai jamais vraiment eu l’habitude d’avoir. En parallèle j’essaie d’arbitrer à ma manière les tâches importantes et celles qui mobilisent trop d’efforts pour peu d’intérêt au final. Du coup, je ne suis toujours pas capable de dire si globalement l’échange est bénéfique ou pas pour moi. D’un côté canaliser mon attention sur des tâches précises peut me permettre de ne pas penser dans le vide en permanence ; de l’autre, j’imagine que l’accumulation de ces tâches avec le temps et l’habitude risque de me prendre beaucoup d’énergie.»

Et chez toi, comment se fait la répartition des tâches ? Et de la charge mentale ? S’il te plaît partage ton avis et tes astuces en commentaires !

Petits liens qui vont bien pour aller plus loin

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Cet article fait partie du Challenge écologique et créatif de Septembre-Octobre 2017 : S’organiser pour un mode de vie écolo. Pour aller plus loin avec les challenges, je t’invite à consulter ma page Tipeee et à y découvrir les contreparties.