Comment consommer écolo sans se ruiner ? #2

Jan 12, 2021 | 8 commentaires

Se nourrir éthique et écologique

L’un des plus gros postes de dépense, après le loyer, c’est l’alimentation.

Et c’est aussi un des postes sur lequel on a le plus facilement la main, à la fois quant aux choix que l’on peut faire pour s’approvisionner et à la gestion du budget. Notre alimentation peut-être une grosse source de pollution, par de nombreux biais : pollution des eaux, appauvrissement des sols, déforestation, émissions de gaz à effet de serre pour le transport… Mais en changeant notre alimentation, son impact environnemental peut être très fortement diminué. Voici mes astuces, pour te nourrir à la fois de façon éthique et écologique, et aussi pour ne pas trop alourdir le budget.

Soyons claires dès le départ : pour faire des courses éthiques et écologiques, on oublie directement les supermarchés. Ils exploitent les producteurs, vendent hors saison, font un gâchis de folie1,2. Franchement, on peut limiter drastiquement ce qu’on y achète, voire même s’en passer quasiment totalement.

Je te propose de voir ici tout d’abord toutes les solutions qui existent à ma connaissance pour faire ses achats de façon éthique, puis je te détaille toutes les astuces que je connais pour diminuer la facture. Tu as d’autres idées que je n’ai pas citées ici ? Je t’invite à les ajouter en commentaires, cela nous sera utiles à toutes.

Où faire ses courses ?

De nombreuses solutions s’offrent à toi, selon ton lieu de vie et tes préférences. Je regroupe ici les lieux auxquels j’ai pensé. Tu peux te renseigner sur cette carte de France qui regroupe un grand nombre d’initiatives dans divers domaines. Pour regarder uniquement pour l’alimentation, il te suffit de cliquer sur alimentation dans la barre de navigation à gauche.

Les marchés et co :

AMAP : c’est le plus éthique pour les producteurs, car tu leur achètes leur production sans intermédiaire et cela leur assure un revenu constant pour l’année.
marchés de producteur : il en existe dans de nombreuses villes et villages, renseigne-toi à ta mairie et dans les mairies alentours. Certains marchés regroupent aussi des producteurs et des revendeurs. Avec un peu d’expérience, tu pourras découvrir chez qui te fournir.
ventes à la ferme ou cueillette à la ferme : aller directement chez le producteur, surtout si tu habites en campagne, à côté d’eux, cela fait sens !
les systèmes d’achats groupés au près des producteurs : en général, tu passes par une plateforme en ligne pour faire ta commande que tu vas ensuite récupérer dans un lieu et à un horaire déterminé. Il existe une foule de plateformes en ligne, certaines avec des spécificités géographiques.

Les magasins :

magasins bio : il y en a un peu partout, certes surtout dans les grandes villes pour en avoir de taille conséquente.
magasins collaboratifs : ou coopératifs ou participatifs selon les termes choisis ; moins courants, ils en existent quelques uns en France.
boutiques zéro déchet : dernièrement, le nombre de boutiques zéro déchets a explosé ! Peut-être y en a t’il près de chez toi ? Souvent en plus d’une démarche zéro déchet, ces boutiques tentent de faire local.

Les boutiques en ligne :

Ces systèmes sont très intéressants si tu n’as pas d’autres alternatives autour de chez toi ou pour compléter les alternatives existantes car tu ne trouves pas tout ce dont tu as besoin.

paniers de fruits et légumes en ligne : il existe de nombreux système de paniers de fruits et légumes en ligne, à aller chercher en point relais. Selon les systèmes, tu peux choisir ou non le contenu de ton panier. Pense à bien vérifier que ce seront des produits locaux, bio, de saison.
épiceries en ligne : de même, il existe différentes épiceries en ligne, qui fonctionnent en général avec un abonnement à l’année puis des prix préférentiels.

Comment limiter la facture ?

Voici des idées pour que ta facture nourriture éthique et écologique ne soit pas trop élevée. Selon tes envies, tes préférences, ton lieu de vie, les valeurs qui te sont les plus importantes, tu pourras coupler plusieurs de ces idées pour optimiser tes achats. Il te suffira ensuite de compléter ce qu’il te manque dans des réseaux plus classiques mais souvent plus onéreux, tels que les magasins bio.

jardine : si tu as la chance d’avoir un jardin, fais un potager ! De la nourriture gratuite toute l’année. Il suffit de 50m² par personne pour être autonome en légumes en été. 3
cuisine maison : les produits transformés reviennent bien plus cher au kilo que les produits bruts. Tu mangeras en plus bien plus sain en cuisinant toi-même. Rien ne t’empêche bien entendu d’avoir une boite de ravioli pour les jours de flemme. Il existe plein de recettes équilibrées, goûteuses et économiques qui sont aussi rapides à cuisiner. J’en partage une par semaine sur mon compte Instagram et il y en a déjà plusieurs dans la section recette de ce blog. Tu peux aussi préparer pour plusieurs repas lorsque tu cuisines, et ainsi, ne pas y passer trop de temps si tu n’aimes pas ça.
diminue les produits animaux : en bio, c’est le plus cher ! Je reviendrai en détails sur cette thématique dans le challenge du moins prochain.
évite le gâchis : organise-toi en faisant des menus, en cuisinant les restes pour éviter le gâchis chez toi. On ne s’en rend pas forcément compte, mais ce que l’on jette est parfois assez important !
cuisine les fanes, les épluchures : utiliser l’intégralité des fruits et légumes permet d’en acheter moins. Les fanes de la plupart des légumes s’ajoutent facilement à n’importe quelle soupe maison. Quant aux épluchures, si tu en as, il existe des recettes pour les utiliser. 4

cueille à la ferme, achète direct au producteur : c’est très éthique, puisque les producteurs vendent leur récolte à un prix qu’ils jugent juste. Souvent, c’est moins cher, à qualité égale, que dans les magasins avec des intermédiaires.
achète groupé : avec tes collègues, ta famille, tes amis, les habitants de ton immeuble, tu peux créer des achats groupés. Acheter 25kg de pâtes et les partager ensuite, cela revient bien cher au kilo. De nombreux produits peuvent être ainsi partagés, d’autant plus ceux qui se gardent, comme la farine, les pâtes ou le riz, les légumes secs – haricots, pois chiches…, les bocaux de produits qui se gardent comme les cornichons, la moutarde, les purées d’oléagineux… 5
inclue-toi dans un magasin participatif : contre du temps pour faire tourner le magasin, tu auras accès à des produits à des prix imbattables, puisque tout le travail du magasin est réalisé par les adhérents ! 6
utilise des applis pour acheter des produits en fin de date : Too Good To Go et Phénix sont les deux applis que je connais qui proposent des paniers avec un contenu en fin de date, pour un prix très inférieur au tarif classique. Certains magasins bio proposent ce service via ces plateformes.
utilise les abonnements en ligne : si après comparaison, cela diminue le prix de tes courses, passer par les épiceries en ligne peut-être avantageux. Compare les prix avec les magasins bio autour de chez toi pour calculer si cela vaut le coup pour toi.

Pense aussi à être actrice de ces changements : il n’y a ni groupements d’achat, ni magasin participatif, ni réseau pour acheter direct au producteur autour de chez toi ? Motive tes meilleur.e.s ami.e.s, et créé.e.s ensemble un réseau qui vous ressemble, selon ton lieu d’habitation et les ressources qui se trouvent autour. Tu vis en rase campagne ? Il doit y avoir des producteurs autour de chez toi, tente la création d’un réseau d’achat groupé direct au producteur. Tu vis dans une ville trop petite pour avoir des magasins bio abordables ? Et si tu tentais la création d’un magasin participatif ? Etc… Tu ne vois pas quoi faire ? Je te propose qu’on en discute sur Instagram, sous les post dédiés.

Et pour le reste, tout ce qui n’est pas alimentaire ? Les produits d’hygiène sont aussi disponibles dans bon nombre de ces points d’achat : magasins bio, épiceries en ligne, boutiques zéro déchet… Les cosmétiques par exemple y seront certes plus chères. Mais si tu fais dans le minimalisme, ça ne posera pas de problème !

Et toi, comment gères-tu tes courses pour qu’elles soient écolo sans te ruiner ? Quelles sont tes astuces pour y arriver ? Tes questionnements sur le sujet ? S’il te plaît, partage ta réflexion en commentaires.

Bibliographie

1 Voici comment la grande distribution écrase l’agriculture en France, Émilie Massemin, 2016, Article Journal en ligne Reporterre
2 Les coulisses de la grande distribution : l’envers du décor, Christian Jacquiau, 2005, Conférence
3 Mon potager, mes mômes et moi, Pascal Aspe, 2019, Livre Éditions Terre Vivante
4 La cuisine zéro déchet, Stéphanie Faustin, 2019, Livre Éditions Rue de l’Échiquier
5 Achetons mieux, achetons groupés, Dominique Firbal, 2015, Article Magazine Kaizen, consultable en partie en ligne
6 Magasins coopératifs, faites le plein de vie, Virginie Tauzin, 2019, Dossier Magazine Kaizen, consultable en partie en ligne


Cet article fait partie du Challenge de Janvier 2021 : Consommer écolo sans se ruiner. Il est constitué de :

8 Commentaires

  1. Bonjour,

    Merci pour ce post qui résume très bien les astuces pour manger écolo sans se ruiner !

    Afin de peaufiner votre article, deux remarques toutefois :
    1) quelques fautes d’orthographe ou d’inattention se sont glissées dans votre article, ce serait plus plaisant si vous pouviez les corriger
    2) “Tu as d’autres idées que je n’ai pas citéES ici ? Je t’invite à les ajouter en commentaires, cela nous sera à utiles à toutes.” : je pense que des hommes pourront tout à fait être intéressés par ce que vous écrivez, ce serait dommage de ne pas les inclure ;-)

    Enfin, comme idées supplémentaires, il existe pour les citadins la possibilité de participer aux incroyables comestibles et de faire des échanges de repas entre voisins afin de diversifier son alimentation lorsque l’on est seul par exemple (il existe des sites pour rassembler les personnes mais je ne connais plus le(s) adresse(s) internet).

    Réponse
    • Merci Aurélie pour tes remarques :)
      Je garde volontairement le féminin sur mes articles. J’ai une très très grosse majorité de mon lectorat qui est féminine et donc, dans cet espace, le féminin l’emporte !

  2. Bonjour Clémentine,

    un ajout à propos du jardinage. Tout le monde n’a pas la chance d’avoir 50m² à sa disposition pour faire un vrai potager (snif !) Cependant, on peut, même sur un balcon, faire un petit potager. Pour les fruits et légumes, il ne faut pas se leurrer, il sera difficile d’être autonome. En revanche, pour les aromates, c’est possible. On achète souvent des bouquets pour une recette prticulière, et puis le reste se dessèche au frigo. En plus, ils sont très chers si on considère le prix au kilo. En faisant pousser ses aromates sur son balcon, on a à disposition des fines herbes toujours fraiches pour un moindre prix. Et en plus, c’est amusant et éducatif (si on a des enfants) ;-)
    Amicalement
    Valérie

    Réponse
    • Merci Valérie pour cette remarque. Nous avons toujours fonctionné ainsi nous aussi : nous n’avons jamais eu assez de place pour avoir 50m2 par personne, mais toujours cultivé au maximum de ce qui était possible.

  3. Bonsoir Clémentine, moi je récupère les légumes que les supermarchés Aldi jettent. En ce moment avec la crise sanitaire il y en a moins mais ça suffit pour nourrir les lapins.il y a des oranges et cela nous permet d’avoir du jus d’orange frais tous les matins.

    Réponse
    • Merci pour ton retour. Tu as des connaissances pour pouvoir récupérer ?

  4. Merci pour ces bonnes idées! De mon coté je mixe un peu plusieurs de ces propositions. Je fais aussi en fonction de mon temps disponible… Compliqué de faire 5 magasins différents quand je suis surchargée… ca fini alors au supermarché mais je n’achète que des produits bruts, nous ne consommons jamais de produits tout prêt. Je suis parfois sceptique sur le réel intérêt des magasins en vrac. Le riz est par ex livré en sacs plastiques de 5 kg. C’est ridiculement petit… Moi j’achèterais bien le sac entier directement….
    Finalement pour l’épicerie je privilégie les boites en carton du supermarché (riz, pates, légumineuses) ca me revient moins cher et je pense que c’est finalement plus écolo que les sachets vidés dans des box à vrac…

    Réponse
  5. Le plus gros point, je trouve, c’est le gaspillage. Comme tu dis, on ne s’en rend pas forcément compte, mais au final il est possible de perdre pas mal d’euros en laissant passer des produits… Avant chaque achat chez le primeur, je réfléchis à ce que nous mangerons dans la semaine. Je fais souvent les mêmes choses le soir ; quand je rentre du travail et que je suis fatiguée, je n’ai pas envie de passer du temps aux fourneaux et je n’en ai pas non plus le temps. Alors je fais des menus simples et sains : omelettes aux herbes, salades composées avec des légumes de saison (topinambours, racines de capucines, de persil, navets…). La soupe est aussi un bon moyen d’avoir un repas sur plusieurs jours. Je fais quasiment tout moi-même, j’évite les produits transformés. J’achète en vrac en assez grosses quantités pour tenir le mois et ne me déplacer qu’une fois au magasin, qui n’est pas tout près. J’essaie aussi de choisir des aliments rapides à cuire, ou dont la cuisson ne nécessite pas une surveillance constante.
    Pour les cosmétiques, j’achète maintenant du basique que j’utilise tel quel, cela dure assez longtemps, c’est plus sain et ça revient moins cher : huiles végétales (on peut tout à fait acheter des huiles de cuisine et les utiliser comme cosmétiques), beurre de karité non raffiné, entre autres. Pour les savons, j’ai trouvé sur internet une petite boutique indépendante dont les produits me plaisent beaucoup. Avec des amies, nous faisons des achats groupés pour économiser les frais de port. Une fois que j’arrive au bout de mes savons, je calcule ce dont j’ai besoin et je fais un achat groupé. Cela réduit les coûts et les envois. J’essaie aussi de faire travailler les créatrices que je connais en leur commandant ce que je n’ai pas le temps de coudre moi-même. Je n’ai malheureusement pas certains producteurs locaux autour de moi, ce qui fait que je dois malgré tout aller au supermarché, mais j’y limite mes achats à ce que je ne peux pas avoir autrement.

    Réponse

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