Faire des choix pour mieux gérer son temps #2 : pour les enfants

Fév 5, 2018 | 4 commentaires

Petit Lutin me ressemble parfois énormément.

Et comme moi, il a envie de découvrir une foule de choses.

Apprendre à jouer du piano, du violon, de la trompette, de la guitare, de la batterie, de la cornemuse
Faire de l’escalade, du poney, du ski, de la spéléologie
Passer plus de temps dans la nature
Construire des cabanes
Coder un jeu vidéo
Réaliser un film
Avoir un chat, un chien, un lapin, un poney
Aller à la mer
Marcher sur un glacier
Participer à un chantier de fouilles archéologiques
Sauver les singes et leur forêt
Fabriquer des objets électriques : lampes, robots…
Aller voir des squelettes de dinosaures.

Etc…

Cette liste est loin d’être exhaustive.

Scialet aux écritures – gravures préhistoriques (?)

Il est impossible de tout réaliser, du moins, dans un avenir proche. Alors, il nous a fallu faire des choix. Sauf que pour cet enfant de 6 ans, renoncer à certaines de ses envies, c’est mission impossible. Petit Lutin a déjà du mal à trier les dessins qu’il souhaite garder, alors faire le tri dans ses rêves ! Je trouve important de l’accompagner dans ses choix pour qu’il en soit vraiment acteur, ainsi que dans la réalisation de certains projets pour qu’ils soient menés à leur terme.

Comment aider nos lutins à réaliser leur rêves ?

Être à l’écoute
Je garde en mémoire la plupart des envies de Petit Lutin – mais tu peux aussi les noter, et je reste à son écoute. Lorsqu’il me parle de ses envies, j’en discute volontiers avec lui, et mon Amoureux a la même attitude. Ainsi, Petit Lutin sait qu’il peut à tout moment nous informer de ses envies, ses nouvelles passions.

Saisir les opportunités
Lorsque c’est possible, nous saisons les opportunités qui se présentent, en fonction de ses aspirations, pour lui permettre de découvrir ce qui le passionne. Par exemple, en ce moment, au centre ville, il y a des fouilles archéologiques. Lorsque nous avons appris ça, j’ai proposé à Petit Lutin d’aller observer le travail des archéologues. Nous sommes restés une heure à les observer. Et nous avons eu l’immense joie de pouvoir poser une question à une des archéologues qui a pris le temps de nous répondre, quelle chance ! Saisir les opportunités qui se présentent est souvent bien plus facile que d’organiser de toute pièce des activités. Il y a plein d’opportunités régulières à saisir : fêtes -de la science, du cinéma, de la musique, de la montagne, du jeu…- journées portes ouvertes dans les fermes, les clubs sportifs, les associations culturelles, festivals… Le site des villes, leurs comptes sur les réseaux sociaux permet de suivre ces actualités et de piocher ce qui t’intéresse.

Faire de grands projets, sur le long terme
Nous faisons aussi de grands projets, pour les idées qui lui tiennent vraiment à cœur. Comme par exemple, aller voir les squelettes de dinosaures du muséum d’histoire naturelle de Bruxelles ou aller passer un week-end à la mer. Dans ce cas, nous essayons de faire prendre part aux préparatifs à Petit Lutin, pour lui permettre de vraiment être acteur de son projet.

Fête de la science – CNRS – Activités sur le froid, congélation d’une feuille à l’azote liquide

En quoi cela m’aide t’il à gérer notre temps de façon durable ?

Faire des choix, se partager les activités, rester flexible : ces trois notions me semblent fondamentales pour gérer son temps de façon durable et sereine avec des enfants à la maison.

Faire des choix
Parce qu’on n’a pas la possibilité de tout faire, parce que c’est un apprentissage aussi, que de réussir à voir ce qui est bon pour soi, de se connaître suffisamment pour savoir ce dont on a envie, d’accepter de tester et parfois, de se tromper pour ensuite essayer autre chose. Faire des choix nous permet aussi à nous, parents, de ne pas courir partout, d’une activité à l’autre, sans répit. Je crois que faire des choix éclairés et conscients permet d’arriver à un équilibre entre découvertes et gestion sereine du temps. Nous sommes partis sur deux activités par semaine en dehors de l’école au maximum pour Petit Lutin. Il lui a donc fallu faire un choix entre toutes les possibilités qui s’offraient à lui et qui rentraient dans notre budget. Selon l’âge du Petit Lutin et le nombre de ses éventuels frères et sœurs, le choix ne sera bien entendu pas forcément le même !

Se partager les activités suivant nos préférences
Nous nous partageons aussi les sorties avec Petit Lutin suivant nos préférences avec mon Amoureux. C’est lui qui accompagnera Petit Lutin à des stages de code informatique, moi qui irait à l’escalade avec lui. Mon Amoureux l’emmènera jouer au foot, je ferai de la peinture avec lui. Cela nous évite de nous forcer à faire des choses que nous n’apprécions pas, et permet à Petit Lutin de découvrir bien plus d’activités. Se partager les activités, lorsque cela est possible, permet aussi à chaque parent d’avoir du temps pour lui, et c’est toujours plaisant et même hyper important ! Et puis, cela nous permet de partager ce que l’on préfère, et donc d’apprécier vraiment ce moment privilégié avec Petit Lutin.

Rester flexible
Et puis, nous essayons de rester le plus flexible possible. Les envies des enfants changent énormément, et rapidement. Lorsque nous inscrivons Petit Lutin a une activité, nous essayons de le faire par trimestre au lieu de l’année lorsque c’est possible. Nous lui offrons aussi des stages ponctuels au lieu de cours toute l’année, ce qui permet de passer plus facilement d’une activité à l’autre. Enfin, nous respectons du mieux possible ses aspirations qui changent. Nous gardons aussi du temps avec rien de prévu. Du temps que Petit Lutin emploie comme bon lui semble : jouer au parc, dans sa chambre, lire, s’ennuyer, créer, dessiner, écouter de la musique… Ces moments nous permettent, en plus d’être plus flexibles, de plus facilement profiter d’occasions ponctuelles d’assouvir une curiosité pour quelque chose.

Balade contemplative et historique

Comment t’y prendre pour accompagner ton Lutin ?

Si tu ne sais pas trop ce qui intéresse ton Lutin en ce moment, je t’invite à télécharger cette fiche et à l’imprimer. Prends ensuite un moment avec lui pour la compléter. Si tu lui demandes de but en blanc «Quels sont tes rêves ?» ou «Qu’aimerais-tu découvrir ?», il est possible que tu aies des réponses inattendues et qui ne t’aideront pas beaucoup. Il y a peu de temps, Petit Lutin nous avait annoncé que son plus grand rêve était d’avoir une boule à neige… Voici quelques idées de questions à poser à ton Petit Lutin pour compléter ta fiche :

  • quels sports aimes-tu faire à l’école ?
  • quels sports pratiquent tes amis ? Lesquels aimerais-tu essayer ?
  • quelles sont tes activités/matières préférées à l’école ? Aimerais-tu aller… ajoute un musée, une expo, un club dans la même thématique
  • quelles activités pratiquent tes amis ? Lesquelles aimerais-tu essayer ?
  • quels métiers aimerais-tu découvrir ?
  • qu’as-tu découvert récemment à l’école qui t’a intéressé ? Pense à creuser du côté des activités sciences, histoire, géographie, les sorties scolaires…
  • quelle histoire aimes-tu particulièrement ? Qu’est-ce qui t’intrigue dedans ?

Tu pourras aussi compléter cette fiche au fur et à mesure que ton Lutin te parlera de ce qui l’intéresse. S’il est assez grand pour écrire, tu peux laisser la fiche sur le frigo. Lorsqu’il pensera à quelque chose, il pourra ainsi le noter lui-même ! La seconde partie de la fiche vous permettra de faire des choix et d’organiser de grands projets.

Et toi, ton Lutin a aussi une liste de rêves aussi longue que les cheveux de Raiponce ? Ou as-tu du mal à savoir ce dont il a envie ? Comment faites-vous des choix ? S’il te plaît partage ton expérience en commentaires.

Liens qui vont bien pour aller plus loin 


Cet article fait parti de l’éco-défi Gérer son temps de manière durable organisé par Natasha, rédactrice du blog Echos Verts. Il est le deuxième article d’une mini-série Faire des choix pour gérer son temps de façon durable, complété par les articles suivants (liens à venir au fur et à mesure des publications) :

Crédits photos : 6- Death to stock. Toutes les autres photos sont de moi.

4 Commentaires

  1. Je suis assez d’accord avec tous tes points. À noter que pour des enfants plus jeunes (3-4 ans) il leur est difficile de savoir verbaliser leurs envies, leurs centres d’intérêt. Mais heureusement en les observant, on voit vite leur sujet de prédilection. Par exemple, nous avons remarqué très jeune que notre fils était très sensible à la musique et avait une oreille particulièrement sensible et développé. Et l’éveil musical qu’il suit cette année a un franc succès.
    Ne pas hésiter non plus à discuter avec les instituteurs qui peuvent nous orienter sur les points d’accroche des enfants.
    Bon par contre, avec plusieurs enfants, c’est plus compliqué de gérer surtout si les goûts sont totalement différents. Ici, trois enfants de 6 mois à 7 ans. Dur de jongler entre les activités, sorties des deux grands tout en respectant le rythme de la petite dernière. Du coup, il faut encore plus faire des choix.

    Réponse
    • C’est rigolo, je ne me souviens pas qu’à 3 ou 4 ans Petit Lutin n’est pas su verbaliser ses envies. C’est d’ailleurs vers cet âge qu’il a établi la liste des 7 instruments de musique qu’il souhaite apprendre – qui n’a finalement que peu évoluée depuis, l’ordre de préférence ayant simplement changé. Mais j’imagine que ça doit dépendre des enfants et que ma mémoire peut aussi me jouer des tours ;)
      Je te remercie pour ton retour plein de belles astuces. J’aime l’idée de demander aux instituteurs, c’est vrai qu’ils peuvent nous rapporter des centres d’intérêts que l’on n’aurait pas pu déceler, faute tout simplement d’opportunité de s’en rendre compte !

  2. Chez nous aussi, avec 3 enfants (bientôt 4), c’est compliqué d’accéder à toutes les envies de chacun !

    Je tente de caser, dans la semaine, un temps en tête à tête avec chacune de mes miss. 2 midis par semaine, mes grandes vont à la cantine mais pas le même jour, pendant que la petite est à la crèche/nounou. J’ai donc un peu plus d’1h privilégiée avec chacune… C’est peu, mais c’est déjà ça !
    Quand leur père emmène les grandes en tournois (basket, judo), j’en profite pour passer une demi-journée consacrée à ma petite dernière. Bien sûr, l’arrivée de miss4 chamboulera un peu tout ça, mais on retrouvera un nouvel équilibre !
    Pour les activités, il faut parfois faire un choix : remplacer une activité à l’année qui prend trop de temps ou tombe au mauvais moment contre des stages pendant les petites vacances, ça fonctionne bien chez nous.
    Et chercher des parents-relais : ma 2è souhaitait faire de la gym, mais le cours commençait pendant que son père et moi coachons le cours de basket ; impossible de l’emmener. Je lui ai demandé de solliciter ses copines qui y allait, et nous avons trouvé une maman qui vient la chercher au gymnase et la ramène chez nous ! :)

    Pendant les vacances scolaires, je m’arrange pour prendre une journée entière uniquement avec 1 miss, pendant que les autres sont gardées (centre de loisirs / crèche). Une vraie pause, parfois avec une activité, parfois avec absolument rien de prévu. Dans tous les cas, que c’est agréable ! :)

    Bref, on jongle, en expliquant que nous faisons partie de la même équipe, et que la solidarité est de mise. Si l’un d’entre nous a envie de faire quelque chose, on tente de trouver une solution qui convienne à tout le monde. Nous avons pour ça nos “feu de camps” : réunion autour d’une bougie, qui sert autant à l’organisation qu’au “cadrage”, sur ce principe :
    https://www.ted.com/talks/bruce_feiler_agile_programming_for_your_family?language=fr

    Ça reste un fragile équilibre, qui me donne souvent envie de changer de pays : je connais un peu le système allemand, et je trouve bien plus logique de n’avoir cours que le matin, pour consacrer les après-midis aux activités choisies… J’ai même souvent des envies de déscolarisation…
    D’ailleurs, un joli billet sur ce thème d’une famille sans école :
    http://www.eveherrmann.com/blog/2016/9/12/un-planning-quilibr
    J’adhère totalement à la vision, mais en pratique, je galère ! :P

    Réponse
    • Attention, les cours “que le matin”, ça devient de plus en plus un leurre – dès le collège les enfants vont avoir des cours l’après-midi, en revanche, il n’y aura pas forcément une cantine! Les “matinées” peuvent aussi se terminer à 14h00 et les enfants doivent donc attendre longtemps avant de déjeuner, en sachant que les cours démarrent à 8h00. (Ma famille vit en Allemagne et j’ai des frères et sœurs encore à l’école.) En plus généralement les activités coûtent cher.
      Il n’y a en outre pas d’école maternelle, mais des jardins d’enfants, où il n’y a que très peu d’apprentissages à proprement parler. Un de mes frères a fait la transition de la maternelle au jardin d’enfants et il a régressé pendant l’année au jardin d’enfants. En plus c’est payant.
      Sans parler de l’absence de collège unique qui entraîne une sélection des enfants sur la base de leurs résultats scolaires à l’âge de 9-10 ans (en CM1) qui peut être très néfaste… (Dans la plupart des Länder, la Hauptschule n’ouvre que peu de perspectives.) Ainsi que le côté hostile aux familles du pays, si vous avez 4 enfants, vous allez probablement passer comme limite “asocial”…

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