Huit heures.

Une minuscule araignée se balade sur le mur. Je suis en manque de grimpe moi-aussi.
Je compatis pour les personnes qui sont confinées en appartement. Et je rêve à ma cabane perdue. J’ai bien essayé de me persuader que je pourrai faire sans, que c’était un rêve idiot, que non, ce n’est pas ce dont j’ai réellement besoin. J’ai bien essayé d’être raisonnable, et d’accepter de vivre dans un logement raisonnable. Je me suis noyée dans la grimpe, j’ai presque arrêté d’aller voir les juments seule pour ne pas trop réfléchir là bas, dans leur immense pré qui ressemble terriblement à un endroit où planter la cabane de mes rêves. Et là, je ne peux plus me noyer dans le faire. Je laisse Petit Lutin et mon Amoureux dormir le matin, et j’ai du temps pour penser. Je n’arrive pas à travailler, j’ai la tête pleine de mes rêves. Est-ce juste parce que ce serait plus facile d’être confinée au milieu de nul part, en pouvant sortir que ce rêve s’anime tant ? Oui, mais pas que. Je le traîne depuis aussi longtemps que je me souvienne, je n’ai jamais souhaité autre chose. Enfant, je voulais acheter la forêt ardennaise pour y interdire la chasse. Et tu te souviens, N. quand on voulait acheter un ranch dans le Montana et y élever des bisons – qu’on ne tuerait jamais ? Aujourd’hui, je rêve de gagner 3000€ de salaire mensuel par mon travail sur ce blog : 1000 pour vivre (en complément du salaire de mon Amoureux), 1000 pour acheter la cabane au milieu de nul part et protéger des hectares de forêt et prairies, et 1000 pour donner à une association tous les mois. Les mois fastes, je frise les 10%. Je traîne mon rêve dans un sac. J’espère qu’il ne percera pas avant que je puisse l’ouvrir dans un endroit où déposer son contenu.

Huit heures trente.

– Maman, on fait quoi là maintenant ?
– On s’allonge dans le lit, et on s’aime très fort dans un câlin, en silence.

Neuf heures.

– Maman, comment ça se fait que nous on voit le soleil et Papinou et Maminou aussi en même temps* ? Il peut pas être à deux endroits en même temps.
Lampe de poche, globe terrestre, chambre dans le noir. Je tiens la lampe, il manipule, il comprend.

Quatorze heures.

Je range la maison. C’est la seule activité physique j’ai trouvé à faire.

Quinze heures.

J’ai mal au dos. J’ai testé toutes les chaises de la maison pour mettre devant l’ordinateur. Je m’ennuie sévèrement. J’en ai marre. Si je m’écroule, est-ce que les garçons s’écroulent ?

Vingt-et-une heures.

On regarde Kaamelott pour la 10ème fois. Ennui. Fatigue.


* Ils vivent à 700 km de chez nous.


Idées en vrac de ce jour de confinement :

♥ faire l’expérience du Soleil et de la Terre, du jour et de la nuit
♥ faire des câlins, plein de câlins
♥ écrire son rêve le plus cher sur une feuille, et la mettre dans son portefeuille, pour ne pas l’oublier quand la course folle de la vie reprendra
♥ envoyer un mail à un groupe d’amis, et raconter des bêtises
regarder Kaamelott – certains épisodes sont dispo, scrolle vers la droite
écouter la chanson de Winnie l’Ourson, et partir en expédition dans la maison

N’hésite à me demander, en commentaires, si tu as besoin de précisions sur certaines activités.


Le journal d’une confinée, c’est quelques unes des idées qui me traversent l’esprit pendant la journée ainsi que la liste des activités qui nous ont occupées. Tous les articles se trouvent sur ce lien.