La charge mentale #3 : conclusion

Mar 16, 2018 | 11 commentaires

Notre expérience sur la charge mentale s’est terminée mi-décembre, après deux mois et demi.

Trois mois après la fin de l’expérience, je prends enfin le temps de donner notre retour, à mon Amoureux et moi. Pour rappel, nous avions décidé d’échanger nos rôles avec mon Amoureux : à lui la charge mentale et à moi ses tâches routinières. Et tu sais quoi ? On a survécu, et on a même appris plein de choses !

Du pouvoir de se mettre à la place de l’autre

Échanger ces rôles m’a fait me rendre compte à quel point je déteste réaliser des tâches routinières et rébarbatives. La vaisselle, arg ! J’ai tellement rechigné à la faire, et la cuisine était tellement moins propre que lorsque c’était à mon Amoureux de s’en occuper. M’occuper de ces tâches m’a fait réaliser le temps que ça prend, tous les soirs. Et à quel point ça m’ennuie et donc me demande du courage pour m’y mettre.

D’un autre côté, j’ai eu l’impression de revivre à partir du moment où j’ai réussi à lâcher prise. Quel bonheur de ne plus avoir à penser à tout, de ne plus avoir l’impression que tout reposait sur mes épaules. Les mercredis avec Petit Lutin étaient tellement plus détendus : on prenait vraiment cette journée pour nous, entre matinée guidées par nos aspirations et après-midi à l’escalade. Je me suis réellement sentie plus détendue, je dormais mieux, et ce fut un réel soulagement ! J’ai entrepris à cette période plein de choses qui me faisait envie depuis longtemps. Je n’avais avant simplement pas la disponibilité pour les réaliser.

L’avis de mon Amoureux

L’expérience ayant pris fin il y a quelques temps maintenant, je dirai que j’en suis ressorti fatigué, et que je suis plutôt content de retrouver des tâches routinières et aussi rébarbatives que la vaisselle ou le ménage. Ce moment m’a permis de me rendre compte de l’épuisement que peut occasionner le fait d’avoir la tête remplie de choses à penser, et a sans doute ouvert la voie à une répartition différente des tâches quotidiennes. D’une répartition « choses à penser » versus « tâches ménagères », qui prévalait auparavant, on s’achemine peut-être sur un système plus basé sur nos intérêts et attentes respectifs. Un premier exemple : je sais que je peux m’occuper des tâches quotidiennes (vaisselle, sol, toilettes, etc.), mais que j’ai le plus grand mal à effectuer d’autres tâches plus sporadiques (nettoyage du frigo, changement des draps, etc.). En outre, je prends plus à cœur le fait d’avoir un appartement d’aspect général propre, au moins en apparence, que de balayer derrière les meubles ou sous les lits. C’est peut-être l’inverse pour Clémentine, et j’ai le sentiment que calquer nos responsabilités sur les éléments qui ont de l’importance pour nous est naturel et gratifiant. Un second exemple, au niveau mental cette fois. Si je me sens capable de gérer les impératifs administratifs, je suis beaucoup moins à l’aise avec les relations humaines. Dans ce contexte comme dans le précédent, il est peut-être intéressant que je me charge des factures, des impôts, de l’agence immobilière, etc., pendant que Clémentine, beaucoup plus à l’aise, s’occupe de contacter des amis ou organiser des sorties.

Les tâches ménagères

Question répartition des tâches ménagères avant cette expérience, après moult réarrangements, je pense que nous avions à peu près réparti équitablement les choses. J’entends par tâches ménagères ce qui à faire dans la maison de façon très routinière.

De mon côté, je m’occupais :

  • des lessives
  • des repas
  • des courses au marché de producteur

De son côté, mon Amoureux s’occupait :

  • de la vaisselle
  • du ménage
  • des courses au magasin bio

Dans notre arrangement, les tâches de mon Amoureux étaient censées lui prendre plus de temps que les miennes, et donc, il troquait ce temps contre la fameuse charge mentale, dont je me chargeais. Sauf que… Il y avait des bugs, comme par exemple pour le ménage, les choses non-routinières n’étaient pas faites. En gros, à partir du moment où il fallait penser occasionnellement à quelque chose, ce n’était pas fait, comme nettoyer sous la machine à laver – qui fuit un peu et donc s’encrasse en dessous. Et ça m’agaçait beaucoup !

Quand on a échangé, on s’est mis d’accord sur le fait que :

  • je gérais toutes les sorties et autres RDV pour lesquels je m’étais engagée et pour lesquelles mon Amoureux n’aurait pas dit oui
  • mon Amoureux rattrapait son retard de ménage occasionnel pas fait avant que je le prenne en charge

Au final, j’ai continué à organiser des sorties et à en accepter car j’en avais envie et que mon Amoureux non. Cela aurait été profondément idiot que j’attende de lui qu’il mette en place des activités qu’il n’avait pas envie de faire juste parce que Petit Lutin et moi en avions envie ! De son côté, il n’a jamais rattrapé son retard de ménage totalement, et je n’ai donc eu à faire que le ménage quotidien, celui qu’il faisait avant. Cela m’a fait me rendre compte que se répartir les tâches ménagères en fonction de nos aspirations est certainement la chose la plus saine qui soit, et c’est ainsi que nous allons maintenant procéder. Nous avons dressé une liste de tout ce qu’il y a à faire, et nous nous sommes clairement répartis les tâches en fonction de ce que nous préférions – ou détestions le moins.

La charge mentale

Pour la charge mentale, je me suis rendue compte qu’à partir du moment où mon Amoureux doit le faire, il le fait. Voilà, c’est aussi simple que cela. A partir du moment où j’ai vraiment lâché prise, il a vraiment pris en charge ce qui devait l’être. Et rien de catastrophique ne s’est passé. Je n’ai pas souvenir de gros quack, ni de choses super importantes oubliées. Le quotidien a continué à être ce qu’il était avant.

La conclusion ? Il n’y a aucune raison que l’on recommence comme avant ! Nous avons donc mis en place un système qui va nous permettre, on l’espère, de répartir équitablement cette fameuse charge mentale, et de se sortir de la tête toutes ces choses à faire, car les garder en mémoire est vraiment épuisant. Nous avons mis en place un tableau dans la cuisine, sur lequel nous notons tout ce qu’il y a à faire. Puis tous les dimanches soir, une fois Petit Lutin couché, nous nous répartissons tout cela pour la semaine suivante.

Et chez toi, comment se fait la répartition des tâches ? Et de la charge mentale ? S’il te plaît partage ton avis et tes astuces en commentaires !

 Petits liens pour aller plus loin :


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11 Commentaires

  1. vraiment interessant!
    merci

    Réponse
    • Avec plaisir Hélène ♥

  2. Nous avons aussi un tableau à la maison depuis peu ainsi qu’un classeur famille avec toutes les infos importantes, les rdv, choses à faire, planning de ménage etc… bref tout pour permettre une visualisation rapide des choses à faire dans la semaine/mois. Mais c’est surtout moi qui me saisit des outils et pousse chéri à s’en servir, autant dire que ce n’est pas réglé. Pour tout dire c’est une question difficile que celle de la charge mentale, parce qu’en l’occurrence à la maison nous n’en sommes pas au même point de réflexion, d’écoute de l’autre. On avance, on y travaille mais c’est difficile d’avancer ensemble sur ces questions parce que c’est un subtil mélange de ce que chacun porte en soi, avec soi, de son éducation, de ses modèles parentaux etc…. nous avons clairement l’impression que nous avons à “inventer” le modèle et c’est long, difficile.
    D’autre part, si je peux me permettre, cette question de la charge mentale est clairement reléguée aux sphères intimes alors que socialement tout pousse à ce qu’elle soit alourdie et dédiée quasi exclusivement aux femmes: congé maternité et paternité insuffisant ET inégal selon les sexes, exigences démesurées de l’ecole/structures petite enfance vis à vis des familles, et donc des mamans (qui n’a pas été aux prises avec le fameux protège cahier rose à petit pois exigé par la maîtresse ou la paire de chausson de telle marque exigée par la nounou, je sais de quoi je parle je suis instit’), le manque de jours enfants malades particulièrement dans les métiers “masculins”, le travail le dimanche etc…. tout ça augmente la charge des familles et ces mêmes familles et femmes aux prises avec un quotidien qui ressemble plus à un marathon qu’ à une vie n’ont même pas l’espace suffisant pour réfléchir à cette fameuse charge et à sa répartition. Je le dis parce que c’est ce qui s’est passé pour nous, une mauvaise passe de 5 ans pendant laquelle j’ai porté comme une dingue parce qu’il fallait en sortir même si je savais que tout était trop lourd pour moi , que ça ne me convenait pas…. C’est maintenant qu’on en est sorti qu’on commence à recommuniquer là dessus…

    Réponse
    • Merci pour ton message si juste Coralie !
      Je te rejoins sur le fait que la société dans son ensemble pousse à ce que ce soit les femmes qui gèrent tout. Et du coup, oui, nous avons un modèle à inventer. C’est long, difficile, épuisant et pourtant si nécessaire ! Alors vive nous, notre courage et notre détermination :)

  3. Pour rebondir sur le message de Coralie, c’est vraiment la communication qui est le nœud central du problème… comme de la solution !

    Bravo Clémentine pour ce test, très instructif.

    C’est en échangeant sur nos réalités qu’on peut progresser, car on oublie vite la réalité des autres.
    Ainsi ma charge mentale concernant le quotidien me fait parfois oublier que monsieur à la sienne concernant l’entretien des véhicules, les factures à payer, les bricolages et travaux d’entretien de la maison…

    Nous nous sommes réparties les tâches de manière bien conventionnelles, à mon regret parfois vis-à-vis de mes filles, mais comme chez Clémentine, elle s’est faite à la préférence. A l’origine, c’est moi qui bricolait le plus ; mais une fois en couple, il s’y ait mis avec beaucoup d’enthousiasme et de perfectionnisme, alors que pour le linge et les repas, c’était très loin de convenir à mes critères. Ainsi, un repas sans légumes ne m’est absolument pas envisageable alors qu’il se contenterait de riz tous les jours, et les marques des pinces à linge sur le Tshirt ne lui pose pas de problème alors que ça m’horripile. Bref, il valait mieux que je lui laisse la perceuse… ;P

    Il y a aussi le phénomène de gratification qui est important : une tâche de type bricolage a un résultat qui se voit le plus souvent, à moyen voir long terme. Alors qu’un coup de balais ne se remarque pas… On remercie facilement l’auteur de l’installation d’un meuble, jamais celui qui entretien les toilettes.
    Alors en parler, prendre conscience des tâches de chacun, s’auto-féliciter et féliciter les autres, voir créer des moyen de célébration des missions de chacun, ça peut aider à rendre la répartition plus équitable…

    Pas simple à mettre en place, nous sommes en train de créer des nouveaux modèles, en espérant que ce soit plus fluide pour nos enfants !

    Réponse
    • Echanger nous a permis à tous les deux de nous rendre compte du travail de l’autre, et en ce sens, ce fut vraiment intéressant. Pas seulement pour que mon Amoureux voit ce qu’est gérer la charge mentale, mais aussi pour que moi je me rende compte de ce qu’il fait réellement, et donc, que l’on puisse ensemble mieux répartir ensuite.
      J’aime énormément ton approche des tâches avec des célébrations ! C’est vrai que nous le constatons, mon Amoureux et moi : faire la lessive, la vaisselle ou le ménage est un éternel recommencement, et les efforts ne sont visibles que si peu de temps… Alors oui, vive les célébrations et les remerciements et les félicitations !

  4. Test très intéressant ! Nous n’avons pas encore d’enfant mais déjà des propensions plus ou moins fortes à gérer certaines choses…
    Ce sera important d’essayer de répartir les responsabilités (encore plus que les tâches elles-mêmes) dès que bébé pointera…
    Ce sera intéressant aussi d’avoir ton retour après quelques mois de recul suite à ton expérience !

    Réponse
    • Cela fait déjà un peu plus de 3 mois que notre expérience est terminée :) A voir effectivement ce que cela donnera sur le long terme !
      Je te remercie pour ton retour.

  5. Merci pour ce retour, comme quoi, c’est possible! On a aussi réparti les taches par préférence/choses qui nous insupportent le plus quand elles ne sont pas (bien) faites. On prend naturellement plus de choses en charge quand l’autre est débordé ou malade, et c’est souvent dans ces moments là qu’on remarque à quel point l’autre en fait beaucoup aussi! Je continue à garder une grosse part de la charge mentale, on a déjà mis en place un planing des repas pour ameliorer les choses, et ca marche plutot bien jusque là. Et on se pose le dimanche soir pour au moins avoir rediscuté ce qui est prévu dans la semaine, pour avoir tous les 2 le planing en tete.

    Réponse
    • Merci Kellya pour ton retour et le partage de votre mode de fonctionnement ☺☺ C’est chouette de prendre naturellement plus les choses en main lorsque l’autre est malade !

  6. C’est vraiment super intéressant comme expérience, d’habitude je lis beaucoup de points de vue là dessus mais peu d’expériences pratiques !

    Réponse

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