Petit Lutin est adorable.

Le plus chou des enfants – c’est un point de vue très personnel. Il est curieux, attentionné, vif, rigolo… et il est bavard.

Petit Lutin est tout le temps en train de parler. Oui, je dis bien tout le temps.

Il discute énormément, et lorsqu’il n’a pas quelque chose à te dire, il pense tout haut. Lorsqu’il a une chanson en tête, il chante tout haut. Il veut participer à toutes les conversations, même quand le sujet ne l’intéresse pas ou qu’il ne comprend pas. Ça a un côté très mignon et attendrissant.

Mais des fois, j’ai juste besoin de penser. Et pour ça, j’ai besoin d’un calme relatif.

Besoin de me concentrer à vélo pour le passage d’un carrefour délicat à vélo. Je demande à Petit Lutin de se taire. Il est conciliant, ok, il se tait. Et 10 secondes plus tard, entonne une chanson ou pose une question, car il a, très sincèrement, oublié qu’il devait se taire. Parfois j’ai peur, alors je crie, pour qu’il se taise là maintenant. Lui ne comprend pas, il pleure. Il a vraiment essayé. Alors j’explique que j’ai eu peur, mais il reste que tout le monde se sent coupable.

reflechir-avec-enfant-qui-parle-clementine-la-mandarine

Imagine la scène.

Tu prépares les affaires pour aller faire de la luge, et Petit Lutin demande, avec un besoin important pour lui d’avoir une réponse rapidement : pourquoi des fois, on voit la Lune aussi dans la journée ? Toi, tu es là, au milieu des paires de moufles et des combis, à vérifier que tu as les chaussettes chaudes pour tout le monde et un bonnet chacun pendant que ton Amoureux prépare le picnic. Tu expliques une fois que tu n’es pas disponible pour l’instant, et que tu répondras plus tard. 30 secondes plus tard, et bien, on est plus tard, et Petit Lutin pose de nouveau sa question, assortie d’une seconde, parce qu’il a eu le temps de réfléchir à autre chose. Au bout de 4 fois, tu expliques que tu en as marre d’être interrompue tout le temps, que tu vas finir par oublier quelque chose. Mais Petit Lutin, il n’arrive pas à se taire. Au mieux, il va jouer dans sa chambre tout seul, en chantant à tue-tête. Au pire, tu finis par t’énerver parce que tu as besoin de réfléchir et que là maintenant, la Lune, tu t’en fiches. Et quand tu arrives sur la piste de luge, tu te rends compte… que tu as oublié la luge !

besoin-de-calme-clementine-la-mandarine

Parfois aussi, j’essaie de discuter avec mon Amoureux. Des trucs tous bêtes, du genre comment on s’organise demain avec ta sortie piscine et mon ramassage d’herbe et de foin pour la lasagne de culture. Théoriquement, en 3 minutes, la solution est trouvée. C’est sans compter qu’on se fait couper la parole à chaque phrase parce que Petit Lutin nous raconte que à l’école sa copine V. a dessiné un château ou que G. sait maintenant lire comme une grande alors qu’elle est même pas au CP. Et 20 minutes plus tard, alors que c’est la 5ème fois de la journée que ça se reproduit, je sais même plus ce que je voulais dire, et j’ai envie de hurler «Tu peux la fermer là maintenant juste 5 minutes ?». Et je me sens mal, parce que cet enfant, il est juste trop chou avec ses réflexions, ou qu’il nous a coupé la parole pour nous dire qu’il nous aime fort

connaitre-ses-propres-emotions-et-sentiments-clementine-la-mandarine

Alors, on essaie de mettre des techniques en place.
Bien entendu, on prend le temps de vraiment discuter avec lui, en étant attentif à ce qu’il dit.
On laisse les affaires thématiques d’une saison dans la voiture : la luge, les skis ne sortent plus du coffre en hiver.
Quand on prépare les affaires pour les sorties du week-end, Petit Lutin regarde la télé, de préférence un dessin animé avec des jeux dedans, comme ça il est concentré.
Quand on discute avec mon Amoureux, et que Petit Lutin a un truc à dire – et qu’il y pense et que c’est possible ! – il met sa main sur l’épaule, pour demander la parole. Nous, on s’arrange pour lui donner rapidement, même si ça n’a rien à voir.
Dans la voiture, Petit Lutin a un baladeur CD avec un casque au son bridé. Comme ça, il chante un peu mais nous, on n’entend pas sa musique, et on peut se concentrer sur la route et discuter.

Même comme ça, des fois, on est juste saoulé, au sens premier du terme. Trop de mots. Pas assez de silence. Pas de pauses. Et c’est très difficile de rester calme.

Ben oui, c’est pas facile la bienveillance des fois.

Et toi, tu as des enfants bavards ? Tu le vis comment ? Tu as des astuces pour mettre leur parole en pause parfois ? S’il te plaît, partage ton expérience en commentaires.

Petits liens qui vont pour aller plus loin :

education-bienveillante-clementine-la-mandarine communication-non-violente-clementine-la-mandarine education-bienveillante-positive-clementine-la-mandarine