C’est pas un reproche ! – Comment communiquer sereinement entre adultes ?

Mar 18, 2015 | 19 commentaires

Lorsque nous discutons de nos soucis avec mon Amoureux, il nous arrive très souvent de conclure nos phrases par « Ce n’est pas un reproche.»

Cette précision nous est souvent nécessaire. Sincèrement, nous ne nous faisons pas de reproches. J’en suis alors venue à me demander comment communiquer autrement, de façon à ne pas avoir besoin de préciser que nous sommes dans la recherche de solutions et non dans l’accusation ?

La communication non-violente semble être la clé de discussions sincères et sans risque de sous-entendus. Je ne connais pas encore très bien cette méthode de communication, et je te propose que nous lisions ensemble le livre de Marshall Rosenberg : Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs).

Le vendredi 27 Mars, je te donne rendez-vous avec mon avis sur ce livre. Et j’espère découvrir alors le tien !

En attendant, je souhaite partager avec toi plus en détails les méthodes décrites dans le livre de Thomas Gordon Parents efficaces dont je t’ai déjà parlé dans la chronique participative des livres sur l’éducation bienveillante. Ces trois méthodes peuvent tout à fait être adaptées à toutes les relations humaines :

  • l’écoute active,
  • les messages « je »,
  • la résolution de conflits sans perdant.

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L’écoute active

L’écoute active est utile lorsque ton interlocuteur te fait part d’un souci. Au lieu de lui donner toutes les solutions qui te passent par la tête, de minimiser son problème ou d’essayer de le raisonner, il s’agit tout simplement de l’écouter vider son sac.

Les habituels « Tu peux pas faire… ? », « A ta place, je ferais… » ou « Tu devrais… » sont remplacés par « Je comprends. », « Tu as l’air de te sentir +sentiment/émotion», « Si je comprends bien, tu veux dire que +reformulation»…

Cette méthode a l’immense avantage de permettre à la personne qui vit un problème de trouver par elle-même la solution qui lui convient le mieux. Elle fonctionne extrêmement bien avec les adultes, mais aussi avec les enfants à partir du moment où ils savent s’exprimer facilement.

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Les messages « je »

C’est la méthode à employer lorsque tu souhaites parler de ton problème à quelqu’un, notamment si c’est cette personne qui est la cause du souci. Il s’agit de partir de ton ressenti face à la situation, et d’exprimer ce que tu ressens. En gros, tes phrases vont ressembler à quelque chose comme : « Je me sens +sentiment lorsque +problème. » Il s’agit de parler de son vécu face à la situation, et sans donner ni de solution, ni de jugement.

Par exemple dire « Je me sens totalement désespérée lorsque je vois toute cette lessive sale. » au lieu de « Tu m’avais promis de t’occuper de la lessive, je ne peux pas compter sur toi. » évitera certainement une dispute !

Émettre des messages « je » évite aussi, je trouve, de trop hausser le ton. Parfois, il m’arrive d’essayer, mais d’être trop fatiguée ou en colère pour réussir à émettre des messages « je ». Alors, bien souvent, dans ces cas-là, je finis dans les bras de mon Amoureux en grognant. Ça me fait du bien, et je n’ai hurlé sur personne !

La résolution de conflits sans perdant

C’est ma partie préférée car elle permet de trouver des solutions originales à des problèmes, sans que personne ne soit lésé !

Lorsqu’un conflit se présente, c’est-à-dire que les besoins de plusieurs personnes sont incompatibles, il s’agit de trouver une solution qui convienne à tout le monde. Sans compromis. Il existe toujours une solution. Et en la cherchant tous ensemble, en partageant les idées, émerge souvent une solution que seul, on n’aurait jamais pu imaginer.

communication-non-violente-pour-gerer-les-conflits-clementine-la-mandarine

Pour chercher des solutions aux problèmes, communique en pratiquant les deux méthodes précédentes : l’écoute active des problèmes des autres, et les messages « je » pour communiquer tes propres soucis. Tu peux aussi noter toutes les solutions qui viennent, et ainsi avoir plus de facilité pour trouver celle qui est la meilleure.

Nous essayons de pratiquer cette méthode tous les soirs à la maison, mon Amoureux et moi. Nous présentons les problèmes auxquels nous faisons face, les décisions qui doivent être prises, et nous cherchons des solutions qui nous conviennent à tous les deux. Lorsque cela concerne aussi Petit Lutin, alors nous l’incluons bien entendu dans la conversation, même s’il a encore du mal à proposer des idées. Ainsi, nous avons eu l’idée d’aller chercher un détecteur de fumée pour notre appartement en partant en balade, et choisi un lieu de balade et un magasin qui se prêtait à ce choix, au lieu que je fulmine car je trouvais l’après-midi gâchée pour cette course désagréable ou que mon Amoureux soit stressé de ne pas avoir encore cet appareil obligatoire. Cela peut paraître simple, mais sans concertation, nous n’y avions pas pensé !

Pour aller plus loin sur ces thématiques, je ne peux que te conseiller de lire Parents efficaces de Thomas Gordon. Derrière ce titre, se cache un trésor de bienveillance, valable pour les relations parents-enfants sur lesquelles il est centré mais aussi pour toutes relations humaines.


Et toi, quelles sont tes techniques pour communiquer sincèrement avec ton entourage ? S’il te plaît, partage tes astuces en commentaires !</strong span>

Petits liens qui vont pour aller plus loin :

education-bienveillante-clementine-la-mandarine challenge-education-bienveillante-communication-non-violente-clementine-la-mandarinecommunication-non-violente-clementine-la-mandarine

19 Commentaires

  1. Tu sais quoi Clémentine ? J’adore ce challenge ^^
    J’adore ton idée de résolution de conflits sans perdant. J’avoue avoir tendance à céder pour ne pas faire la peine à mon amoureux, ou parce que je me dis que je saurai mieux faire sans mon envie…Je vais regarder pour appliquer ton principe ;-) Sinon, la formulation en « je » marche bien ! En plus, ça permet de mettre un nom sur l’émotion ressenti et aide à désamorcer intérieurement. On utilise aussi fréquemment le « ce n’est pas un reproche ». Tout comme toi, quand ça ne va pas, le contact physique (dans les bras, la tête sur ses genoux) marche bien: vive l’ocytocine n’est-ce pas ;-)

    Réponse
    • Oh merci Emilie ☺ Je suis ravie que ce challenge te plaise !
      J’ai très exactement la même tendance que toi. Un truc d’éducation des filles, qui « devront se priver une fois mère » ? Parfois, je me demande s’il n’y a pas un peu de cela car c’est bien souvent un problème féminin que de céder de cette manière.
      Et oui, vive l’ocytocine (qui arrive à partir de 7 secondes de contact d’après I. Filliozat)

  2. Oui, ça révolutionne notre manière de communiquer bien que ce ne soit pas facile à mettre en place, un effort quotidien est nécessaire (mais c’est toujours le cas quand on essaye de changer, non?). Je mets en place l’écoute active et le message « je » depuis un petit moment, il faut d’ailleurs faire attention à ne pas utiliser le message « je » pour en faire un « tu » détourné comme dans « je me sens mal quand tu… » qui est un reproche déguisé en fait.
    La solution gagnant-gagnant, encore à tester et mettre en application mais prometteuse ;)

    Réponse
    • Oh oui, merci Sarah d’avoir souligné les messages tu déguisés. J’ai beaucoup réfléchis là dessus pour mettre un exemple pertinent dans mon article, qui ne soit pas un message tu déguisé. L’exercice est difficile mais, comme tu le soulignes, c’est un entrainement ☺
      Merci pour ton commentaire !

  3. Ah la la…Pas évident tout ça. J’ai un gros défaut…Je suis hyper spontanée! Quand je suis à l’aise avec quelqu’un tout ce qui passe dans ma tête sort presque instantanément par ma bouche…Et je pense rarement à mal mais parfois ce côté abrupt heurte un peu les gens et notamment mon amoureux…
    Mais je n’ai pas du tout le réflexe de réfléchir avant de parler et du coup j’ai beaucoup de mal avec l’usage du « Je ». Et pourtant je suis convaincue que c’est indispensable. Mais comment arrête-t-on d’être spontané? ça fait parti de moi, ça vient tout seul, parfois sans même que je m’en rende compte sauf quand je vois la tête de mon interlocuteur en face…Du coup je me sens prise en défaut et je ne réagis pas toujours avec benveillance mais plutôt avec défense, à trop vouloir me justifier et c’est pire :P
    Si vous avez des conseils contre le trop spontané, je prends :) En attendant je garde toutes les excellentes pistes de ton article dans un coin de ma tête, peut être qu’à force d’y penser ça finira par être spontané ^^

    Réponse
    • J’ai un peu le même souci Nadège ! Je pense à une allure folle, et chaque chose à laquelle je pense me fait penser à 10 nouvelles choses, elles-mêmes sources de 10 nouvelles etc… Alors je parle vite, très vite, pour tout dire, ne rien perdre, et forcément, je ne peux pas réfléchir à ce que je dis à cette allure là.

      Alors de mon côté, j’essaie de voir deux types de conversations : les conversations anodines, où je peux me laisser aller, et où je noie bien souvent mon Amoureux sous le flot de ma pensée pendant qu’il me regarde amusé parler en apnée et les conversations « conflits » où nous parlons d’un sujet où les messages « je » sont essentiels pour que le conflit soit résolu de manière positive. Pour moi, avoir un horaire, le soir, dédié tout particulièrement à la gestion de nos besoins m’aide. Je me mets dans l’esprit, je me concentre pour parler avec des je et écouter activement. Et puis, j’ai remarqué que comme tout, à force de le travailler, ça vient petit à petit plus facilement.

    • Un outil efficace : faire une boite de râlage/régalage !
      Ou 2 boites, une pour l’un et une pour l’autre, avec un stock de petits papiers et un crayon à proximité.
      > dans les râlages, on décrit une situation ponctuelle qui nous a déplu, ou touché, ou un moment qui nous pose problème de manière récurrente
      > dans les régalages, on décrit une situation ponctuelle qui nous a plu, ému, ou un moment qui nous réjouis au quotidien.
      De temps en temps (un instant de libre, ou ritualiser une fois par semaine… au choix !), on se réunit et on tire un papier au hasard dans les 2 boites.
      Puis on pose la question à celui qui l’a écrit :
      – pour les râlages, est-ce que tu as déjà trouvé des pistes pour éviter cette situation ? Est-ce que tu souhaites les avis des autres ? Si oui pour les avis, chacun peut donner le sien. Ensuite on pose la question : est-ce que ces avis te donnent des pistes ?
      – pour les régalages, est)ce que tu as déjà trouvé des pistes pour vivre ces instants plus souvent ? Est-ce que tu souhaites les avis des autres ? Si oui pour les avis, chacun peut donner le sien. Ensuite on pose la question : est-ce que ces avis te donnent des pistes ?

      L’idée est que chacun reste responsable et autonome dans la résolution de ses problèmes, ainsi que de son propre bonheur. Mais que d’y réfléchir ensemble dans un groupe bienveillant peut ouvrir des pistes qu’on n’a pas encore exploré.
      C’est le principe sur lequel repose la CNV : chacun est responsable de son ressenti et a les moyens en utilisant les bons outils de tracer lui-même sa route.

      « Le bonheur n’est pas de rendre l’autre heureux, c’est d’être heureux et d’offrir ce bonheur à l’autre ».

      Donc au lieu de parler, prendre un crayon… et noter ! :P
      C’est rapidement tout aussi spontané que de parler ou de prendre une photo.

    • J’aime beaucoup cette idée !
      Tous les soirs, au moment du repas, nous partageons une chose qui ne nous a pas plu pendant la journée, et éventuellement la solution que nous avons trouvé et une chose qui nous a enthousiasmé. L’idée de la boite est dans la même optique. J’espère m’en souvenir quand Petit Lutin saura écrire !

  4. Coucou Clémentine, finalement, la méthode Gordon est très proche de celle de Marshall Rosenberg (1/ qu’est ce que je sens 2/ quel est mon besoin pas nourri 3/ faire une demande 4/ s’assurer que les besoins de l’autre sont respectés) C’est un processus très simple mais oh combien difficile à mettre en œuvre parfois !
    Juste pour info, dans les livres de Marshall Rosenberg, celui intitulé la Communication Non Violente au Quotidien est très bien fait car il a l’avantage d’être court, efficace et il contient des listes d’émotions et de besoins.
    Pour ma part, les livres ne suffisant pas, je me suis inscrite aux premiers modules CNV pour la fin d’année et j’ai très hâte de voir ce que cela va donner !!!

    Réponse
    • Bonjour,
      Je me permet de vous poser une question: où avez vous trouver des modules pour vous entrainer à la CNV? j’ai envie d’y participer depuis quelques temps.
      Bonne journée à vous.

    • Oui Christine, Gordon et Marshall Rosenberg (et Faber et Mazlish, et puis aussi Filliozat même si c’est moins évident), tout est lié et ils ont tous une approche propre d’une méthode plus ou moins semblable. C’est d’ailleurs très intéressant de trouver leurs différents points de vue car cela permet de trouver une façon personnelle d’aborder la chose, car comme tu le soulignes, c’est oh ! combien difficile à mettre en place.
      J’ai eu envie de lire et parler du livre de Gordon car il est, à ma connaissance, le premier chronologiquement. C’est mon besoin de tout faire parfaitement dans l’ordre qui parle ;)
      Je te remercie pour ta suggestion de lecture, toujours pertinente.
      J’aimerais moi aussi m’inscrire à des modules de CNV, mais j’avoue avoir « peur » pour l’instant. Peux-être pourras-tu nous décrire ton vécu une fois que tu les auras terminé ?

    • Un grand merci à tous pour vos informations et conseils
      Je suis solidaire

  5. bonsoir !!
    alors pour moi y’a du boulot … autant pour les autres, je sais écouter, réconforter toussa toussa pour moi c’est ………….. la catastrophe nucléaire en marche :'(
    je suis hyper (trop) spontanée et dès qu’un sujet qui me touche est abordé,hop !! je m’emballe …
    je sais !! c’est très très( +++ ) moche !!
    j’ai mis 50 ans à apprendre à dire non ….. me reste plus que les 46 autres pour arriver à appliquer la CNV …..
    dire je??? comment dire?? avoir eu une éducation où le « je » était synonyme de se mettre en avant, d’être prétentieux …………… c’est pas gagné :( et ce truc, comme tu le dis si bien (ou Emilie ) d’éducation de fille : s’effacer pour laisser la place à l’autre …. quel boulet !!!
    et je fais partie des très grandes taiseuses …. (merci internet de m’avoir permis de m’ouvrir un peu …) ;)
    j’attends la suite avec impatience !!
    je commence dès ce soir ..
    je, je, je …………

    Réponse
    • Ah oui, je connais ce problème, j’ai le même. Quand le sujet me passionne, j’ai du mal à avoir une discussion posée. Arg ! Vas-tu lire le livre de Rosenberg ?

  6. J’aime beaucoup la communication non-violente, cela me faciliterait tellement les choses si plus de gens s’en servaient.

    J’ai l’habitude de m’en servir, je le faisais déjà bien avant de connaître ce système, parce que j’en ai beaucoup besoin au quotidien. Je suis autiste Asperger et les gens ont souvent du mal à me cerner, à comprendre mes émotions et à deviner ce que je pense. Je passe donc souvent par le « je » pour décrire mes ressentis et ainsi apporter les informations manquantes à mes interlocuteurs (et pour éviter qu’ils émettant des jugements négatifs par mauvaise interprétation). De plus, j’ai appris à me demander fréquemment ce qu’on attend de moi, quelle serait la meilleure attitude, parce que mes réflexes naturels sont souvent en décalage avec ceux des non-autistes.

    Je remercie grandement les personnes qui travaillent ce type de communication, ça clarifie nettement les échanges et ça évite les situations de conflit qui personnellement me mettent particulièrement mal à l’aise. :)

    Réponse
    • Merci pour ton témoignage, qui enrichit ce billet d’une raison de plus pour développer ce type de communication ☺

  7. De chouettes conseils à garder précieusement et à utiliser très souvent pour une vie en harmonie ! Merci !

    Réponse
    • Merci Rose pour ton retour, je suis ravie que cet article te soit utile !

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