Imagine. Petit Lutin et son copain N. nous suivent, nous les 4 parents sur la place dédiée aux Nuits Debout de notre ville. A., petite sœur de N. essaie de suivre les grands. Les papas discutent entre eux, les mamans aussi.

Soudain, une première question : « Maman, pourquoi… ? ». La dite maman répond. Puis une complainte : « Maman, machin il m’a fait… ». Les mamans écoutent. Puis une seconde, une troisième. Et ma copine Y. lâche, un poil agacée, après avoir été interrompue environ 10 fois de suite : « Mais vous avez un papa, il est juste là, vous pouvez aussi vous adresser à lui, d’accord ? »

Scène deux. Petit Lutin et mon Amoureux sont sur le balcon, ils jouent à un jeu de société. Je suis dans l’atelier, à l’autre bout de l’appartement. Petit Lutin, qui ne tient pas en place sur sa chaise tombe et se fait mal sur le sol en gravier de notre balcon – oui, ce sol est particulièrement mal fichu, je t’en reparle vite, dès que j’ai fini de lui construire un plancher en palettes, bref ! Petit Lutin se fait mal. Mon Amoureux veut le prendre ses bras pour regarder le bobo et le consoler. Petit Lutin se met à hurler « Non ! Maman ! »

Pourquoi ?

Pourquoi toujours Maman ?

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Est-ce que les Papas ne savent pas aussi répondre aux questions ? Ecouter les conflits ? Embrasser les bobos ? Câliner les enfants tristes ?

Je ne sais pas chez toi, mais chez nous, mon Amoureux sait faire tout ça. Il a eu son diplôme de réponse aux pourquoi avec mention, ses câlins et bisous ont été validés par une commission spéciale très exigeante et question écoute, il s’en sort très honorablement aussi.

Alors quoi ?

Nan, parce que faut bien reconnaître que c’est un poil agaçant d’être la seule à être appelée quand ça va pas. La seule a être appelée 5 fois de suite le soir, à 3 minutes d’intervalle, parce qu’un « dernier » câlin est indispensable avant de pouvoir s’endormir. La seule a être appelée pour les câlins et bisous en cas de bobo, de colère, de tristesse. La seule a être appelée la nuit aussi. Et puis quand il faut démonter des légos. Retrouver un jouet. Mettre la fermeture du gilet. Aider à faire un lacet récalcitrant. Sortir du bain. Servir un deuxième verre de jus de fruit le matin quand tout le monde court pour être à l’heure – alors que je suis déjà en train de courir après MonkeyBoo qui s’est caché alors que V. a super envie de jouer avec aujourd’hui. Nan parce que tu comprends, elle, elle a prévu d’amener Noisette, et MonkeyBoo et Noisette sont amis, et du coup, Noisette va être super triste si MonkeyBoo est pas là aujourd’hui, dans la caisse à doudous de l’école. Ouais.

Je sais bien qu’en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, Petit Lutin ne voudra plus de câlins, de bisous, ni m’appeler même au téléphone. Je sais bien qu’il faut “en profiter”. Sauf que pour en profiter, il faut être dans le bon état d’esprit. Et puis, c’est frustrant pour Amoureux, qui se sent impuissant, malgré tous ses efforts.

Bien entendu, il y a la figure d’attachement. Je suis celle qui a gardé Petit Lutin la journée quand il était tout petit, la figure d’attachement principale, c’est moi. D’accord.

Alors on fait comment concrètement pour permettre à Papa d’avoir sa place et à Maman de pas finir marteau à force de pas pouvoir finir une phrase de son livre sans être interrompue par un « Maman, tu peux venir pour un dernier câlin, j’en ai besoin pour m’endormir ? »

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Nous avons, à la maison, mis des choses en place.

Tout d’abord quand je suis fatiguée, que je vais travailler, que je lis, bref, que j’ai envie d’être tranquille, je préviens Petit Lutin. « Ce soir, si tu as besoin d’un câlin pour t’endormir, ce sera Papa, moi je suis fatiguée, je n’ai pas de patience, je souhaite me reposer tranquillement. »  « Je vais travailler dans l’atelier, si tu as besoin d’aide ou envie quelqu’un joue avec toi, adresse-toi à Papa, moi je ne suis pas disponible, je me concentre sur mon travail. »

Les premières fois, ça a été assez compliqué. Petit Lutin m’appelait tout de même moi, et pas son Papa. Alors mon Amoureux allait voir Petit Lutin, et lui rappelait que non, je n’étais pas disponible. Si besoin, sans me déplacer, je confirmais ses dires. Petit à petit, ces consignes furent intégrées comme n’étant pas négociables.

Cela a eu un autre effet positif : il me semble que Petit Lutin a plus intégré le fait que je suis humaine, avec mes limites. Et que quand je dis que je n’ai plus de patience, que je suis fatiguée, ou que j’ai besoin de calme, ce sont de vrais besoins. Il les prend plus en considération, et c’est très agréable !

Petit Lutin et son Papa font aussi des d’activités juste tous les deux. Je ne m’en mêle absolument pas, ils gèrent ça tous seuls, tous les deux. Par exemple, ils vont régulièrement à la piscine. Ca tombe bien, je n’aime pas ça, alors qu’eux deux adorent ! Ils vont aussi à des festivals de jeux vidéos, de jeux de société, jouent ensemble aux légos, lisent des livres…

Et depuis 2 ans maintenant, ils partent en vacances tous les deux, dans la famille de mon Amoureux. C’est leur aventure, à eux deux. Bien entendu, Petit Lutin me téléphone ou skype tous les jours ! Il n’empêche que dans ces périodes où ils sont juste tous les deux, c’est mon Amoureux qui est la figure d’attachement principale, et que Petit Lutin constate que ça se passe bien ! Il nous le dit lui-même.

Ça paraît tout simple dis comme ça, et pourtant, ces petites choses ont vraiment eu un bel impact !

Chez toi aussi, tes Lutins ont tendance à n’appeler que Maman (ou Papa) ? Comment gérez-vous cela dans la famille ? As-tu mis au point des astuces qui te permette de partager plus équitablement les demandes ? S’il te plaît, partage ton vécu en commentaires !

Petits liens qui vont pour aller plus loin :

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